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Nasdaq Composite : Walmart, Mattel, PepsiCo… L’exode surprenant des géants traditionnels vers la Bourse tech

julien
écrit par Julien

novembre 24, 2025

Le jeudi 20 novembre, Walmart a créé la surprise en annonçant le transfert de ses actions du New York Stock Exchange (NYSE) vers le Nasdaq, avec une prise d’effet prévue début décembre. Cette décision témoigne d’un phénomène grandissant : des mastodontes industriels délaissent progressivement Wall Street au profit de la place boursière historiquement dédiée aux valeurs technologiques.

Walmart dit adieu au NYSE après 52 ans de fidélité

Le mastodonte de la distribution américaine, présent au NYSE depuis 1972, basculera vers le Nasdaq le 9 décembre prochain. Les dirigeants du groupe justifient cette migration par « une convergence forte entre leurs valeurs et celles du Nasdaq », mettant l’accent sur leur transformation digitale accélérée. L’e-commerce représentait déjà 17 % des ventes nettes américaines lors du dernier exercice clos en janvier 2025, un bond spectaculaire comparé aux modestes 5 % enregistrés six ans auparavant.

Bloomberg rapporte que ce transfert marque un record historique. Avec ses 840 milliards de dollars de capitalisation boursière, Walmart pulvérise le précédent record établi par Linde, le spécialiste des gaz industriels, qui avait opéré la même manœuvre en novembre 2023.

Une migration qui fait école chez les dinosaures de l’économie

Walmart ne fait que rejoindre une cohorte déjà bien fournie d’entreprises centenaires qui ont troqué les ors du NYSE contre l’effervescence technologique du Nasdaq. Campbell’s, l’emblématique fabricant de soupes fondé en 1869, détient le titre de doyenne parmi les transfuges, ayant effectué son passage en 2024.

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Créé en 1971 pour héberger l’écosystème naissant des technologies, le Nasdaq voit s’estomper les frontières entre univers tech et secteurs traditionnels. Les leaders de l’industrie et de la finance multiplient les ralliements à cette plateforme d’échange.

PepsiCo avait ouvert la voie en 2017, quittant le NYSE pour « réaliser des économies substantielles » tout en exploitant les outils de communication spécialisés du Nasdaq destinés aux relations investisseurs. Marriott l’avait devancé en 2013, séduit par la « visibilité rentable » promise par cette place boursière. Plus tôt encore, Mattel rejoignait les rangs du Nasdaq en 2009, valorisant son prétendu « leadership technologique mondial ».

Même Costco, concurrent direct de Walmart, avait franchi le pas dès 1993, soit une décennie seulement après son introduction au NYSE.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 40 membres du S&P 500 ont migré du NYSE vers le Nasdaq ces dernières années, dont 24 figurent désormais dans le prestigieux Nasdaq-100. Ce dernier indice a d’ailleurs célébré en septembre 2024 son 500e transfert depuis 2005. À contre-courant, seules dix sociétés du Nasdaq-100 ont fait le chemin inverse vers le NYSE depuis 2008.

Les ressorts techniques de cette séduction

Derrière les discours marketés se cachent des considérations très pragmatiques. Être coté au Nasdaq constitue un prérequis incontournable pour intégrer certains indices phares, notamment le Nasdaq-100, suivi de près par l’ETF « QQQ » qui jouit d’une popularité remarquable auprès des investisseurs américains. Cette inclusion facilite considérablement l’élargissement de la base d’actionnaires via les stratégies de gestion passive.

Juan Carlos Pelaez, vice-président des relations investisseurs chez Linde, résume la logique : « Si vous remplissez les conditions pour entrer dans le Nasdaq-100, il n’y a aucune raison de ne pas être sur le Nasdaq. Le changement s’est fait sans difficulté. »

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J.R. Mastroianni, responsable des transferts boursiers chez Nasdaq, insiste sur l’avantage concurrentiel de sa plateforme : « une rentabilité supérieure grâce à une structure de frais d’entrée favorable » qui libère le potentiel de croissance des entreprises.

Phil Mackintosh, économiste en chef du Nasdaq, apporte des précisions chiffrées : le « bid-offer spread » (écart entre prix d’achat et de vente maximal) s’avère en moyenne 12 % plus faible au Nasdaq qu’au NYSE. Cette compression des spreads génère des coûts de transaction réduits, dopant mécaniquement les rendements des investisseurs et la valorisation des titres.

L’avantage technique ne s’arrête pas là. Le Nasdaq affiche une profondeur de marché supérieure, permettant l’exécution rapide d’ordres volumineux avec un impact limité sur les cours. Cette liquidité facilite grandement la constitution de positions importantes.

La volatilité aux moments critiques – ouvertures et clôtures – se révèle également plus contenue sur le Nasdaq, avec des niveaux inférieurs de 3 % et 17 % respectivement selon les calculs internes. Cette stabilité relative découle d’une gestion plus équitable des teneurs de marché, qui attire naturellement davantage d’acheteurs et de vendeurs, explique Mackintosh.

Le Nasdaq déploie également des ordres spéciaux conçus pour amortir les fluctuations, contrastant avec les possibilités d’annulation offertes par le NYSE, susceptibles de déséquilibrer les carnets d’ordres en fin de séance.

Les données post-transfert confirment ces bénéfices : les perturbations lors des enchères d’ouverture et de clôture diminuent respectivement de 6 % et plus de 28 %.

Revers de la médaille : un Nasdaq parfois trop accueillant

Cette facilité d’accès comporte sa contrepartie. Le Nasdaq attire également dans ses filets des sociétés au profil plus que discutable. Des entreprises domiciliées aux îles Caïmans – qu’il s’agisse d’une firme de maintenance pour élevages de crevettes en Malaisie ou d’une agence de publicité numérique basée à Hong Kong – ont récemment choisi de s’introduire sur cette place.

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Les critères d’admission demeurent relativement souples, avec un prix minimal fixé à 4 dollars par action, transformant le Nasdaq en terrain de jeu attractif pour des sociétés aux antécédents parfois opaques.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.