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Pourquoi ne pas craindre d’investir sur les marchés financiers juste après Halloween ?

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écrit par Julien

novembre 12, 2025

L’adage boursier « vends en mai et va-t’en » trouve son pendant avec l’effet Halloween. Cette théorie veut que la période courant de novembre à avril constitue la fenêtre la plus prometteuse pour générer des plus-values substantielles sur les marchés financiers.

Halloween, une fête coûteuse aux États-Unis

Outre-Atlantique, les dépenses liées à Halloween devraient battre tous les records avec 13,1 milliards de dollars, soit quelque 114 dollars dépensés par Américain. Ces chiffres sont rapportés par John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, lors d’un entretien donné le 31 octobre sur BFM Bourse. Cette année, les traditionnels bonbons et autres douceurs vont coûter environ 40 % plus cher qu’en 2024 – la faute à l’envolée des prix du cacao, selon NBC.

Les investisseurs pourraient voir dans cette période symbolique l’opportunité d’étoffer leur portefeuille d’actions bien choisies. La progression des cours pourrait même compenser cette flambée des prix des friandises.

Un mois d’octobre positif malgré une réputation inquiétante

Que dit exactement l’expression « vends en mai et va-t’en » ? Elle suggère de quitter les marchés financiers dès le 1er mai pour ne revenir qu’au 1er novembre – soit le lendemain d’Halloween. Investir à cette date pour revendre en mai génère, sur le long terme, une performance anormalement élevée. À l’opposé, la période mai-octobre a tendance à produire des rendements faibles, parfois négatifs, souvent inférieurs au taux sans risque.

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Cette fin octobre 2025 a pourtant affiché une dynamique de marché réjouissante. En France, le CAC 40 a grimpé de 2,85 % à la clôture du 31 octobre, après avoir établi un record historique à 8 271,48 points le 21 octobre. Du côté de Wall Street, l’engouement pour l’intelligence artificielle a hissé les valeurs technologiques vers de nouveaux sommets : Apple a franchi pour la première fois une capitalisation boursière de 4 000 milliards de dollars le 28 octobre, tandis que Nvidia a dépassé le seuil des 5 000 milliards – un record absolu.

Une tendance saisonnière largement confirmée

Zhang Yi (Nottingham University Business School, Chine) et Ben Jacobsen (TIAS Business School, Pays-Bas) ont analysé l’effet « Halloween/Sell in May » sur un échantillon impressionnant : 114 marchés boursiers depuis 1693, soit plus de 63 000 mois de performances. Leur recherche révèle qu’acheter des actions à Halloween et prendre ses bénéfices en mai permet de générer des rendements supérieurs de 4 % en moyenne par rapport à une stratégie « buy and hold ».

Sur ces 114 marchés, seul celui de l’Île Maurice affiche une performance estivale supérieure à celle des six mois suivant Halloween. Pour 65 marchés développés et émergents, la performance annuelle moyenne atteint environ 8,5 % entre novembre et avril, contre 2,1 % de mai à octobre, comme le soulignait John Plassard en octobre 2024.

D’après ces études, un investisseur respectant cette stratégie a 90 % de chances d’obtenir un rendement supérieur à la moyenne du marché sur dix ans. L’effet se révèle particulièrement marqué sur les marchés les plus liquides et actifs – notamment aux États-Unis et dans les autres économies développées.

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Une stratégie simple mais efficace

Cette saisonnalité remet partiellement en question l’hypothèse centrale de l’efficience des marchés, qui postule qu’aucune méthode ne peut systématiquement surpasser les indices sur le long terme. Novembre et décembre restent historiquement des mois porteurs, surtout lorsque le S&P 500 enregistre une progression proche de 15 % en fin d’année, rappellent Ryan Detrick et Sonu Varghese, stratégistes chez Carson Group.

John Plassard encourage donc à ne pas redouter l’effet Halloween. Il met l’accent sur son efficacité avérée sur dix ans – avec 90 % de chances de surperformance du « buy and hold » – et note que cet effet persiste malgré sa notoriété. Preuve que les comportements saisonniers restent profondément ancrés.

En s’appuyant sur les 120 dernières années, il rappelle que le Dow Jones n’a chuté que 38 fois pendant les six mois qui suivent Halloween – soit une probabilité de succès d’environ deux tiers.

Le Nasdaq 100, fortement exposé aux valeurs technologiques, illustre parfaitement cet effet : entre le 31 octobre 2019 et le 1er mai 2020, l’indice a bondi de 23 %, avant de progresser de 27 % dans la même période l’année suivante, selon ccn.com.

Privilégier une approche disciplinée plutôt que l’émotion

Face à ces données, les experts d’Expat Wealth at Work insistent sur l’importance d’une gestion rigoureuse. L’histoire des marchés montre qu’une stratégie disciplinée l’emporte sur des décisions impulsives dictées par la peur ou l’euphorie.

Pour John Plassard, Halloween ne se résume pas à une simple fête traditionnelle : c’est aussi un indicateur de confiance économique, un moteur de consommation… et peut-être un signal boursier utile.

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Pendant que les enfants frappent aux portes en quête de bonbons, certains investisseurs pourraient bien « frapper » à la porte des marchés boursiers. Après tout, pourquoi redouter Halloween quand cet effet tend à générer des gains significatifs ?

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.