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Pernod Ricard : des résultats surprenants dopent l’action malgré un horizon brumeux

julien
écrit par Julien

août 29, 2025

Le géant des spiritueux Pernod Ricard a publié ses comptes annuels 2024-2025 (clos fin juin), révélant des performances qui ont agréablement surpris les marchés financiers. La maîtrise exemplaire des coûts a permis d’atteindre un résultat opérationnel courant supérieur aux projections. Le groupe prévient toutefois que l’exercice à venir s’annonce comme une « période de transition », avec notamment un recul attendu des ventes dès le premier trimestre.

La Bourse salue une belle surprise comptable

Les investisseurs ont choisi de retenir le verre à moitié plein plutôt que les nuages à l’horizon. Vers 11h20, l’action Pernod Ricard s’envolait de 5,2 %, s’imposant comme le champion du jour au CAC 40. Dans son sillage, Rémy Cointreau grimpait de 4,2 %. Un analyste financier explique cette euphorie par « la belle surprise sur la génération de trésorerie et la solidité du résultat opérationnel courant, qui témoigne d’un pilotage rigoureux des dépenses ». Cette quatrième publication encourageante consécutive dans l’univers des spiritueux a également déclenché des rachats massifs de positions courtes, alimentant la hausse.

Un chiffre d’affaires qui résiste mieux qu’attendu

Au quatrième trimestre 2024-2025, le groupe a réalisé 2,51 milliards d’euros de ventes, demeurant stable en base comparable sur douze mois. Cette performance dépasse légèrement les attentes des analystes, qui pariaient sur un déclin de 1 %. L’Europe a mieux tenu ses positions (+1,5 % contre +1 % espéré), tandis que la zone « Asie reste du monde » a créé la surprise avec une croissance de 1,6 % (vs -0,2 % craint), tirée notamment par l’Inde qui affiche une belle vitalité. Les Amériques, elles, ont déçu avec un plongeon de 5,2 %, plus sévère que les -4,4 % redoutés.

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Sur l’intégralité de l’exercice, les revenus totalisent 10,96 milliards d’euros, soit un recul de 3 % à périmètre comparable.

Un pilotage financier qui limite les dégâts

Le résultat opérationnel courant s’affiche à 1,83 milliard d’euros, en retrait de 5,3 % en valeur absolue. Mais ramené en données comparables, ce déclin se limite à 0,8 % seulement, bien loin de la chute de 3 % que redoutait le consensus selon Oddo BHF. Cette résistance remarquable découle d’un programme d’économies drastique de quelque 900 millions d’euros, initié en 2022-2023 et mené à son terme cette année. Cette discipline budgétaire a permis d’amortir l’effet conjugué de la baisse des revenus et d’un « mix » géographique moins avantageux : la dégringolade sur des marchés très lucratifs comme les États-Unis et la Chine a été partiellement compensée par la montée en puissance de zones moins rentables, à l’image de l’Inde.

UBS a particulièrement apprécié la génération de trésorerie libre, qui culmine à 1,13 milliard d’euros, soit 14 % au-dessus des prévisions. Ce flux financier robuste rassure quant au maintien du dividende, que Pernod Ricard propose de maintenir à 4,7 euros par titre, stable par rapport à l’an passé.

2025-2026 : une année qui s’annonce cahoteuse

Le bémol principal réside dans les perspectives pour l’exercice naissant, que la direction présente comme une « année de transition ». Si le groupe table sur une amélioration graduelle de ses ventes organiques, particulièrement au second semestre, il anticipe un début d’année difficile avec une contraction attendue dès le premier trimestre en base comparable.

Plusieurs facteurs expliquent cette prudence : les grossistes américains procèdent à des ajustements de leurs inventaires, la demande chinoise reste morose avec des corrections de stocks persistantes, et les nouvelles règles fiscales dans l’État indien du Maharashtra pèseront lourd, surtout pendant les trois premiers mois. Quant aux ventes de cognac en duty-free en Chine, leur redémarrage n’interviendrait pas avant le deuxième trimestre.

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Les experts qualifient ces prévisions de « modestes » voire « décevantes » pour ce début d’exercice. Le groupe a également chiffré l’impact des droits de douane : 35 millions d’euros côté américain et 45 millions côté chinois, deux marchés qui pèsent près de 27 % de son activité mondiale.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.

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