Face à l’occupation illégale de son logement, une propriétaire niçoise a décidé d’agir elle-même, en pleine conscience des risques juridiques encourus. Une démarche qui suscite autant de soutien que de débats sur la protection des propriétaires et l’efficacité de la justice.
Un phénomène qui alimente la colère
Ces dernières années, les affaires de squats se multiplient, souvent relayées par les médias et suscitant l’indignation. L’histoire récente d’un couple de retraités contraints de vivre dans un camping-car, faute de pouvoir récupérer leur maison, avait déjà provoqué une forte émotion.
Sur la Côte d’Azur, la propriétaire d’un appartement à Nice vit depuis avril une situation similaire : « Ils ont changé les serrures et se sont installés chez moi », confie-t-elle à France Bleu Azur.
Une reprise « manu militari » de son bien
À bout de patience, la propriétaire décide de passer à l’action. Elle surveille les allées et venues du couple installé chez elle, attend leur départ, puis frappe à la porte. Constatant l’absence des occupants, elle fait appel à un serrurier pour changer les serrures et reprendre possession de son logement.
Un acte illégal, dont elle a parfaitement conscience : « Je suis hors la loi, mais je n’ai pas le choix », affirme-t-elle.
Son appartement est squatté à Nice : une propriétaire se fait justice elle même pic.twitter.com/YpCEJsOd27
— ici Azur (@iciazur) October 20, 2022
Une vague de soutien en ligne
Sur les réseaux sociaux, la réaction ne se fait pas attendre. Les messages de félicitations affluent :
- « Du courage, et c’est tant mieux »
- « Bravo, vous avez bien fait »
- « Les propriétaires vont faire leurs lois eux-mêmes, et ils ont raison »
Mais derrière ce soutien se cache une critique récurrente : pour beaucoup d’internautes, la justice française protège davantage les squatteurs que les propriétaires, au prix de démarches longues et coûteuses pour récupérer un bien.
Vers un durcissement des sanctions ?
Face à la pression de l’opinion publique, une proposition a récemment été déposée à l’Assemblée nationale pour renforcer les sanctions contre les squatteurs et faciliter certaines expulsions. L’objectif : rééquilibrer la protection entre occupants et propriétaires, tout en limitant les délais de procédure.
En attendant, des cas comme celui de cette propriétaire de Nice montrent que, faute de solution rapide, certains choisissent de franchir la ligne rouge… au risque de se retrouver eux-mêmes face à la justice.

