Schneider Electric, géant français des équipements électriques et valeur phare du CAC 40 sur le thème de l’intelligence artificielle, traverse une période délicate en Bourse. Malgré son exposition privilégiée aux centres de données, l’action a chuté de 1,8 % depuis le début de l’année, là où l’indice parisien gagne 10,1 %. JPMorgan y voit pourtant un simple accident de parcours qui offre une belle opportunité d’investissement.
Des résultats boursiers décevants malgré un positionnement de choix
L’année 2025 aura été difficile pour Schneider Electric. Tandis que son concurrent direct Legrand s’envolait de 38 %, le spécialiste français des infrastructures électriques peinait à convaincre les investisseurs. Une situation surprenante quand on sait que Schneider surfe sur la vague des centres de données – un marché dopé par l’essor de l’IA – avec sa palette d’équipements : armoires électriques, solutions de refroidissement, onduleurs et bien d’autres.
L’ironie veut que Schneider garde une influence considérable sur le CAC 40. Sa pondération de 7,74 % fin septembre la place devant LVMH et Airbus. Résultat : chaque mouvement de 3 % sur le titre fait bouger l’indice de 0,23 %.
« Victime de son propre succès » selon Barclays
Les publications trimestrielles ont régulièrement déçu cette année. Une croissance au ralenti au premier trimestre, des résultats semestriels jugés « peu inspirants » par JPMorgan, puis une révision à la baisse des objectifs annuels en octobre. La douche froide.
Barclays avance une explication intéressante : les attentes seraient devenues déraisonnablement élevées après une série de performances historiquement au-dessus des prévisions. Après le troisième trimestre, difficile d’entrevoir une accélération spectaculaire des résultats ou un rebond marqué de la valorisation.
JPMorgan : un signal d’achat avec une cible revue à la hausse
Convaincue que l’heure est venue de parier sur Schneider, JPMorgan passe sa recommandation à « surpondérer » (achat) après l’avoir laissée en position neutre. L’objectif de cours bondit de 220 à 285 euros, laissant espérer un gain de plus de 24 % depuis les niveaux récents.
Cette annonce a immédiatement fait réagir le marché : l’action a grimpé de 3,4 % à Paris, se hissant parmi les meilleures progressions du CAC 40.
Perspectives de croissance maintenues malgré 2025 perçue comme une parenthèse
JPMorgan table sur une croissance organique solide pour Schneider, avec des revenus qui devraient progresser de 7 à 10 % par an entre 2023 et 2027. La banque se montre même légèrement prudente en évoquant une fourchette de 7 à 9 %.
L’année 2025 ? Un simple « blip », une pause momentanée dans une trajectoire globalement ascendante. Les difficultés actuelles s’expliqueraient par des éléments ponctuels : droits de douane défavorables et fluctuations de change négatives, sans remettre en cause la dynamique fondamentale du groupe.
Un portefeuille solide et une position de leader dans les marchés attractifs
Schneider dispose selon JPMorgan du meilleur portefeuille sectoriel en termes d’exposition aux marchés d’avenir. Sa croissance organique soutenue et ses performances en matière de bénéfices la placent dans le peloton de tête industriel, juste derrière Siemens Energy.
Le rendez-vous du 11 décembre, journée dédiée aux investisseurs, devrait permettre de clarifier la stratégie du groupe et d’apaiser les interrogations du marché.
Soutien de Morgan Stanley et importance du partenariat avec Nvidia
Morgan Stanley avait déjà donné sa confiance fin octobre, pariant sur un redressement notable de la rentabilité dans les années qui viennent. Le partenariat stratégique avec Nvidia constitue un autre atout majeur, avec des prévisions de croissance ambitieuses pour la division centres de données : 20 % en 2026, puis 15 % en 2027 à périmètre constant.

