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Banque de France : Le nouveau gouverneur et l’avenir des stablecoins !

julien
écrit par Julien

juin 21, 2026

L’avenir de la monnaie européenne se joue maintenant dans l’espace numérique. Face à l’invasion des monnaies numériques privées américaines qui représentent déjà 300 milliards de dollars de capitalisation, l’Europe doit choisir son camp. Banque de France : le nouveau gouverneur trace sa ligne sur l’euro numérique et les stablecoins en affirmant une position ferme : refuser la privatisation de la monnaie et la domination du dollar dans les paiements digitaux de demain.

En bref

  • Les stablecoins adossés au dollar dominent 99 % du marché mondial des cryptomonnaies stables, créant un risque de dollarisation numérique en Europe
  • L’euro numérique pourrait être lancé en 2029 après un vote parlementaire prévu en juin et une phase pilote en 2027
  • 66 % des paiements par carte en zone euro dépendent de réseaux américains, menaçant la souveraineté des systèmes de paiement européens
  • Le cadre réglementaire MiCA doit être renforcé pour mieux encadrer les stablecoins non européens et éviter l’arbitrage réglementaire
  • Les banques européennes doivent proposer des dépôts tokenisés et des stablecoins euro pour concurrencer les solutions américaines

Banque de France : le nouveau gouverneur trace sa ligne sur l’euro numérique et les stablecoins

Le nouveau gouverneur de la Banque de France a pris position sur l’euro numérique et les stablecoins lors de son intervention à VivaTech en juin 2026. Son message est clair : l’Europe doit réagir face à la domination écrasante des stablecoins adossés au dollar américain.

Cette prise de parole marque un tournant dans la stratégie monétaire européenne. Le gouverneur alerte sur un risque sérieux de dollarisation numérique et de privatisation de la monnaie. Il rejoint ainsi la position récemment exprimée par la Banque Centrale Européenne sur ces questions sensibles.

Les enjeux sont multiples : stabilité financière, lutte contre le blanchiment et transmission de la politique monétaire. La promotion active des stablecoins dollar par l’administration américaine renforce ces inquiétudes légitimes.

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Le constat inquiétant : la dollarisation numérique en europe

La situation actuelle révèle une dépendance préoccupante de l’Europe aux systèmes de paiement internationaux. Environ 66 % des paiements par carte dans la zone euro passaient par des réseaux internationaux au premier semestre 2024, principalement Visa et Mastercard.

Le scénario le plus inquiétant reste celui d’une interruption de service. Si ces fournisseurs stoppaient leur activité en Europe, 15 pays sur 20 de la zone euro se retrouveraient sans solution de paiement par carte.

Seuls quelques pays comme la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et le Portugal disposent encore de réseaux nationaux. La France bénéficie du réseau CB, tandis que les banques françaises en Allemagne s’adaptent aux solutions locales, mais ces réseaux domestiques voient leur part de marché s’éroder progressivement.

Le poids des stablecoins dollar sur la capitalisation mondiale

L’explosion du marché des stablecoins impressionne par son ampleur. La capitalisation cumulée est passée de moins de 5 milliards de dollars en 2019 à environ 300 milliards de dollars en 2026.

Les stablecoins adossés au dollar représentent 99 % de cette capitalisation totale. Deux émetteurs, Tether et Circle, concentraient à eux seuls 90 % du marché en mai 2025. Cette concentration pose question sur la diversité et la résilience du système.

L’adoption du Genius Act par les États-Unis en juillet 2025 renforce cette dynamique. Cette législation américaine soutient ouvertement le développement des stablecoins en dollar, créant un environnement favorable à leur expansion mondiale.

Les implications pour la souveraineté monétaire européenne

Un stablecoin dollar représente pour l’Europe une double perte de souveraineté. D’abord parce qu’il s’agit d’une monnaie privée, ensuite parce qu’elle est adossée à une monnaie publique qui n’est pas l’euro.

Dans le système classique, la convertibilité entre dépôts bancaires et billets reste garantie. Avec les stablecoins, le bénéficiaire reçoit une créance sur un émetteur privé dont il doit s’interroger sur la valeur réelle.

Cette situation crée un paradoxe frappant : 25 ans après la monnaie unique, l’absence d’une solution de paiement numérique paneuropéenne indépendante devient incompatible avec le marché unique.

Le projet d’euro numérique : une réponse aux stablecoins privés

Le Conseil de l’UE a validé à l’unanimité en décembre 2025 le principe d’un billet numérique destiné au grand public. Un vote est prévu au Parlement européen le 23 juin pour confirmer la mise en place de l’euro numérique.

Si la majorité se prononce favorablement, un pilote démarrera dès 2027. Le lancement potentiel est envisagé pour 2029, à condition que le cadre réglementaire soit adopté par les co-législateurs européens d’ici fin 2026.

L’euro numérique se présente comme une forme numérique des espèces, émise par la banque centrale. Il viendrait compléter les billets et pièces sans les remplacer. Son acceptation comme cours légal partout en zone euro, y compris pour le commerce en ligne, constitue un atout majeur.

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Les caractéristiques techniques incluent une dimension paneuropéenne, une confidentialité renforcée avec un mode hors ligne sous un certain seuil. L’investissement nécessaire côté banques est estimé entre 4 milliards et 5,8 milliards d’euros selon la BCE.

Deux projets parallèles avancent sur le volet interbancaire. Le projet Pontes prévoit une première version au troisième trimestre 2026 pour permettre aux institutions financières de régler des transactions sur registres distribués en monnaie centrale.

Le projet Pythagore vise à tokeniser le marché des NEU CP, le plus grand marché de dette à court terme en euros de l’UE, avec un premier cas d’usage attendu fin 2026.

La régulation des stablecoins : enjeux et perspectives

L’Europe ne part pas de zéro avec le cadre MiCA. Cette réglementation fait de l’Union la première grande juridiction à encadrer les crypto-actifs de manière structurée.

Le gouverneur de la Banque de France estime que MiCA doit être renforcé. La réglementation actuelle ne traite que partiellement les risques liés à une adoption rapide de stablecoins émis par des acteurs non bancaires et non européens.

Les attentes de renforcement portent sur plusieurs points clés :

  • Mieux réguler les stablecoins non libellés en euros utilisés pour les paiements quotidiens
  • Encadrer les modèles multi-émetteurs où le même stablecoin est émis dans et hors UE
  • Renforcer la supervision européenne pour éviter l’arbitrage réglementaire

Cette supervision renforcée vise à empêcher les acteurs de choisir la juridiction la plus accommodante. L’harmonisation européenne devient nécessaire pour garantir une protection homogène.

Les défis de l’implementations des stablecoins en euro

Les contraintes imposées par MiCA expliquent en partie la difficulté d’émergence de grands stablecoins euro. L’obligation de conserver au moins 30 % des fonds en dépôts bancaires, portée à 60 % pour les émetteurs significatifs, pèse lourd.

L’interdiction de reverser le moindre intérêt aux détenteurs réduit l’attractivité de ces produits. Le contexte de marché joue aussi : les taux en euro restent structurellement inférieurs à ceux du dollar.

Aux États-Unis, l’absence d’obligation de plancher de dépôts permet de placer davantage en bons du Trésor. Cette différence structurelle crée un désavantage compétitif pour les stablecoins euro face à leurs homologues dollar.

Les solutions proposées par le gouverneur de la Banque de France

La vision du gouverneur s’articule autour d’une transformation profonde du système bancaire. Les dépôts bancaires doivent entrer dans le monde numérique via des dépôts tokenisés et des formes réglementées de monnaie de banque commerciale en euros.

L’offre proposée repose sur trois briques complémentaires :

  • Des dépôts bancaires tokenisés permettant une circulation fluide
  • Des stablecoins en euros émis par des banques sous supervision
  • Des infrastructures de paiement permettant la compensation multilatérale de ces jetons
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Le rôle de la Banque de France et de l’Eurosystème consiste à agir comme catalyseurs. Ils doivent soutenir un développement rapide et coordonné sans se substituer aux institutions financières.

Les obstacles de l’adhésion des banques et des acteurs financiers

Les banques expriment des inquiétudes légitimes sur l’euro numérique. La crainte d’une fuite des dépôts et d’un assèchement du crédit pousse à un lobbying pour limiter la portée du projet.

Le plafond de détention fait débat : la BCE évoque 3 000 euros tandis que les banques souhaiteraient un montant plus bas. Cette tension pourrait décaler la première émission au-delà de 2029.

Sur les paiements paneuropéens, la fragmentation reste un défi majeur. Wero, qui a remplacé Paylib en France, se déploie progressivement depuis 2024 dans 5 pays seulement. Son interopérabilité avec EuroPA reste à concrétiser.

Les frais moyens sur paiements par cartes de débit sont passés d’environ 0,27 % en 2018 à 0,44 % en 2022 selon la Commission européenne. Cette augmentation alourdit les coûts pour les commerçants.

L’importance de l’innovation technologique dans la finance européenne

La tokenisation des marchés et l’usage de registres distribués (DLT) pour le règlement-livraison ouvrent de nouvelles perspectives. L’objectif consiste à bâtir une infrastructure européenne intégrant plusieurs dimensions.

Cette plateforme technique doit combiner monnaie centrale tokenisée, monnaie commerciale tokenisée, instruments financiers tokenisés, et potentiellement l’euro numérique à terme. L’ambition reste de consolider le rôle d’ancrage de la monnaie centrale.

La défragmentation du marché financier européen permettrait d’abaisser les coûts de mise sur le marché et d’échange des actifs financiers. Les paiements par carte sont devenus majoritaires aux points de vente en France en 2024, confirmant la transition numérique.

Cette transformation technologique représente bien plus qu’une simple modernisation. Elle constitue un enjeu de souveraineté pour l’Europe face à la domination actuelle des acteurs américains dans les paiements numériques.

FAQ

La monnaie numérique remplacera-t-elle l’argent liquide ?

La monnaie numérique remplacera-t-elle l’argent liquide ? Non : l’euro numérique viendrait compléter les billets et pièces sans les remplacer, comme une forme numérique des espèces utilisable aussi en ligne et potentiellement hors ligne sous un certain seuil.

L’euro numérique sera-t-il obligatoire ?

L’euro numérique sera-t-il obligatoire ? Non : le projet vise un billet numérique destiné au grand public, accepté comme cours légal partout en zone euro, mais pas imposé à la place des moyens de paiement existants.

Quand est-ce que l’euro numérique sera lancé ?

Quand est-ce que l’euro numérique sera lancé ? Un pilote pourrait démarrer dès 2027, et un lancement est envisagé pour 2029, si le cadre réglementaire est adopté par les co-législateurs européens d’ici fin 2026.

Pourquoi la Banque de France alerte-t-elle sur les stablecoins adossés au dollar ?

Pourquoi la Banque de France alerte-t-elle sur les stablecoins adossés au dollar ? Parce qu’ils accroissent le risque de dollarisation numérique et de privatisation de la monnaie, avec des enjeux de stabilité financière, blanchiment et politique monétaire, notamment en période de hausse des taux.

Que change MiCA pour la régulation des stablecoins en Europe ?

Que change MiCA pour la régulation des stablecoins en Europe ? MiCA encadre les crypto-actifs, mais la Banque de France veut le renforcer pour mieux réguler les stablecoins non libellés en euros, les modèles multi-émetteurs et la supervision européenne.

Quels sont les obstacles côté banques pour l’euro numérique ?

Quels sont les obstacles côté banques pour l’euro numérique ? Les banques craignent une fuite des dépôts et un assèchement du crédit ; le plafond de détention (la BCE évoque 3 000 euros) fait débat et pourrait décaler l’émission au-delà de 2029.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.