Le cabinet d’analyses Wedbush vient de publier ses prédictions pour 2026, proposant des scénarios particulièrement optimistes sur les géants technologiques et plusieurs secteurs stratégiques. Leurs projections, souvent source de débat, ont montré une précision remarquable ces dernières années.
La crédibilité des prévisions Wedbush
Dan Ives, analyste phare et personnalité incontournable de Wall Street, cultive depuis longtemps un optimisme assumé vis-à-vis de la tech américaine. Alors que beaucoup s’interrogent sur une éventuelle bulle liée à l’intelligence artificielle, lui continue de voir dans chaque correction de marché une occasion d’investir.
Leurs performances de 2025 plaident en leur faveur : ils avaient prédit que Nvidia, Microsoft et Apple franchiraient tous la barre des 4 000 milliards de dollars de capitalisation. C’est chose faite. Ils tablaient également sur des investissements dans l’IA dépassant les mille milliards de dollars – un rapport Gartner confirme désormais 1 500 milliards pour 2025.
Quelques fausses notes subsistent : leur projection d’une hausse de 25 % des valeurs technologiques en 2025 n’a pas été atteinte, le Nasdaq ayant « seulement » progressé de 19,1 %. Quant à Tesla, censée valoir 2 000 milliards, elle plafonne aujourd’hui aux alentours de 1 610 milliards.
Une croissance soutenue des valeurs technologiques attendue
L’année 2026 devrait voir les titres tech progresser de plus de 20 % à Wall Street selon Wedbush. Cette dynamique s’appuierait sur l’expansion continue de l’IA, qui gagnerait du terrain dans les logiciels, les puces et les infrastructures. Cette révolution technologique demeure le moteur central de leurs anticipations positives.
Tesla espéré au-delà des 2 000 milliards de dollars
Les analystes voient l’action Tesla osciller entre 600 et 800 dollars, alors qu’elle se négocie actuellement autour de 486 dollars. Cela représente un potentiel d’appréciation de 23 % à 65 %, propulsant la capitalisation quelque part entre 1 970 et 2 640 milliards de dollars.
Leur raisonnement ? Tesla devrait déployer ses robotaxis dans plus de 30 villes d’ici 2026, tout en accélérant la production des cybercabs. Ces véhicules autonomes marqueraient l’avènement d’une mobilité vraiment sans conducteur.
Tous ne partagent pas cet enthousiasme. UBS estimait en juin que l’activité robotaxi ne justifiait qu’une valorisation de 99 dollars par action environ, recommandant un cours cible de 215 dollars – loin des cotations actuelles.
Apple : la barre des 5 000 milliards en ligne de mire
Wedbush mise sur un partenariat stratégique entre Apple et Google autour de l’IA Gemini, qui renforcerait la stratégie du géant de Cupertino dans ce domaine. Cette collaboration donnerait naissance à un service d’abonnement intégré à l’univers Apple, catapultant sa valorisation au-delà des 5 000 milliards de dollars avant fin 2026.
Apple capitalise aujourd’hui 4 039 milliards environ. Atteindre cet objectif nécessiterait une croissance annuelle proche de 25 %. L’année 2025 avait vu le titre bondir de plus de 30 %, notamment portée par le succès du lancement de l’iPhone 17.
L’investissement de l’administration Trump dans l’informatique quantique
Wedbush anticipe que l’administration Trump prendra des participations dans une entreprise spécialisée en informatique quantique. Les enjeux stratégiques et sécuritaires face à la concurrence chinoise justifieraient cette démarche.
L’informatique quantique exploite des phénomènes comme la superposition et l’intrication quantique pour résoudre certains problèmes complexes bien plus rapidement que les ordinateurs classiques. Les domaines d’application visent le machine learning, l’optimisation ou encore la simulation de systèmes physiques.
Les enjeux et promesses de l’informatique quantique
John Plassard de Cité Gestion explique que l’informatique quantique permet des calculs massivement parallèles, résolvant en quelques minutes des problèmes qui prendraient des millions d’années aux supercalculateurs les plus puissants. Les qubits, briques élémentaires de cette technologie, restent fragiles et demandent des systèmes sophistiqués de correction d’erreurs.
Cette technologie ne va pas remplacer les machines traditionnelles mais constitue une extension redoutable pour traiter des problématiques complexes : modélisation moléculaire, optimisation logistique, marchés financiers. Ce potentiel attire des investissements colossaux, tant publics que privés.
Des applications concrètes émergent déjà : HSBC a amélioré de 34 % ses prévisions obligataires grâce à un ordinateur quantique IBM. Barclays table sur des démonstrations probantes de supériorité quantique entre 2025 et 2027, la commercialisation complète étant attendue vers 2029-2030.
Cibles potentielles et autres prédictions
Wedbush cite notamment IonQ et Rigetti comme candidats probables aux investissements publics, compte tenu des enjeux de sécurité nationale face à la Chine.
Côté rebond, ils voient Oracle sortir de ses difficultés financières avec un titre à 250 dollars, soit une progression d’environ 29 %.
Nvidia devrait consolider sa domination dans les semi-conducteurs pour l’IA, bénéficiant d’un accès élargi au marché chinois grâce aux négociations Washington-Pékin. L’action pourrait toucher 275 dollars dans le meilleur scénario, portant la valorisation à plus de 6 700 milliards de dollars.
Enfin, Wedbush anticipe le rachat de Nebius, spécialiste du néocloud, par un mastodonte comme Microsoft, Alphabet ou Amazon, sur fond d’accélération des consolidations sectorielles.

