Face au prix du carburant qui flirte avec des sommets, certains automobilistes cherchent désespérément des alternatives pour réduire la facture. Parmi elles, une invention bretonne fait beaucoup parler : un kit qui injecte de la vapeur d’eau dans le moteur pour améliorer la combustion et promettre jusqu’à 20 % d’économies.
Un kit venu du Finistère
C’est à Huelgoat, dans le Finistère, que Laurent Baltazar, ancien informaticien devenu inventeur, a imaginé son dispositif baptisé Eco Leau. Vendu environ 500 €, ce kit s’installe près du turbo et envoie un flux d’air humide qui complète l’air aspiré par le moteur. L’idée : améliorer le couple, réduire l’effort demandé au conducteur et, par ricochet, diminuer la consommation.
L’inventeur affirme que l’économie peut atteindre 20 %. Un chiffre séduisant, mais difficile à vérifier scientifiquement : même l’École des Mines de Douai, qui avait étudié un dispositif similaire dans les années 2000, n’avait pas pu trancher définitivement sur son efficacité.
Entre enthousiasme et scepticisme
Depuis son lancement, le kit suscite autant de curiosité que de critiques. Certains automobilistes témoignent de baisses de consommation et même d’une réduction des fumées noires sur les vieux diesel, grâce à une combustion plus propre. Un garagiste explique que l’ajout d’eau limiterait l’encrassement du moteur et la formation de calamine.
D’autres en revanche dénoncent une illusion marketing. « Tant qu’il n’y a pas d’études indépendantes et certifiées, il faut rester prudent », rappellent plusieurs experts en motorisation.
Un succès commercial dopé par le prix de l’essence
Quoi qu’il en soit, la flambée du prix du carburant a dopé les ventes. Depuis 2012, plus de 20 000 kits ont trouvé preneur, avec une accélération ces dernières années. Laurent Baltazar affirme vendre désormais plus de 1 000 unités par mois. À tel point que ses garagistes partenaires peinent à suivre.
Proposée à 500 € pour une voiture légère, l’installation grimpe à plus de 1 000 € en garage, mais peut aussi être réalisée soi-même. Le kit s’adapte aussi bien aux voitures qu’aux camions, motos, camping-cars ou même tracteurs. Quant à la consommation d’eau, elle reste dérisoire : à peine 20 cl pour 1 000 km parcourus.

Un avenir encore incertain
L’argument écologique est également mis en avant : une moindre consommation, c’est moins de particules fines et moins de CO₂. Mais là encore, les résultats varient fortement selon les véhicules et les conditions d’utilisation.
Reste que l’idée continue de séduire, notamment dans un contexte où l’UE prévoit la fin des moteurs thermiques d’ici 2035. Pour certains automobilistes, ce kit apparaît comme une solution transitoire, à mi-chemin entre bricolage ingénieux et innovation prometteuse.
Une chose est sûre : tant que le prix de l’essence restera élevé, les alternatives comme le moteur à eau continueront d’attirer l’attention, entre espoir d’économies et interrogations techniques.

