Le géant américain de la distribution a publié ce jeudi des résultats mitigés pour son deuxième trimestre. Si les revenus ont largement dépassé les prévisions, les bénéfices ont déçu les investisseurs, plombés par l’explosion des coûts d’assurance maladie. Une première en plus de trois ans qui fait mal au titre en bourse.
L’avantage de la taille face à un marché qui bouge
Avec plus de 680 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier, Walmart joue dans une catégorie à part. Cette masse critique lui offre un pouvoir de négociation redoutable auprès des fournisseurs et une flexibilité que ses rivaux lui envient. Morningstar rappelle que cette dimension hors norme reste son meilleur atout face à la concurrence traditionnelle.
L’enseigne maintient sa toile sur l’ensemble du territoire américain, touchant pratiquement tous les foyers du pays. Son positionnement prix cassés sur une gamme étendue de produits continue de faire mouche auprès des consommateurs. Résultat : l’action a grimpé de 31 % sur douze mois et même de 120 % sur trois ans.
Une valorisation qui ne pardonne plus rien
Cette envolée boursière a propulsé la valorisation vers des sommets. Bank of America observe que le titre s’échange maintenant à 34 fois les bénéfices anticipés, un niveau qui n’avait plus été vu depuis vingt ans. Pour donner une idée, les distributeurs européens comme Carrefour, Tesco ou Ahold Delhaize naviguent entre 6 et 14 fois leurs bénéfices.
Quand on paye aussi cher, la moindre fausse note se transforme vite en déroute.
Premier raté depuis plus de trois ans
Sur le deuxième trimestre fiscal (mai-juillet), Walmart a affiché un bénéfice opérationnel ajusté de 8 milliards de dollars, soit une maigre progression de 0,4 %. Le bénéfice par action ajusté s’établit à 0,68 dollar (+1,5 %), bien en-deçà des 8,56 milliards et 0,73 dollar par action qu’espéraient les analystes de Bank of America.
Selon Reuters et Bloomberg, c’est la première fois depuis plus de trois ans que le groupe rate les attentes sur ce indicateur crucial.
Cette contre-performance découle principalement de coûts de restructuration plus lourds que prévu, mais surtout d’une flambée des demandes de remboursement santé de ses employés – une charge que l’entreprise assume intégralement. Les frais juridiques ont également pesé sur la rentabilité.
À l’ouverture de Wall Street, le titre a décroché de 4,6 %, creusant l’écart avec le S&P 500 qui ne perdait que 0,4 % dans le même temps.
Le commerce en ligne tire la croissance
Heureusement pour Walmart, la dynamique commerciale reste intacte. Les revenus ont bondi de 5,6 % hors effets de change pour atteindre 177,4 milliards de dollars, dépassant les attentes. Le e-commerce explose littéralement avec une croissance de 25 %.
Les ventes à périmètre constant dans les magasins américains ont également surpris positivement, progressant de 4,6 % contre 3,7 % attendus par le consensus.
Des prévisions revues à la hausse
Fort de ces performances commerciales, Walmart a bonifié ses objectifs annuels. Le groupe vise désormais une croissance des revenus de 3,75 % à 4 % hors change, contre 3 % à 4 % précédemment. Le bénéfice par action ajusté est attendu entre 2,52 et 2,62 dollars, légèrement au-dessus de la fourchette antérieure (2,5-2,6 dollars), grâce à un impact de change moins négatif qu’anticipé.
Pour le troisième trimestre, la direction table sur une hausse du chiffre d’affaires de 3,75 % à 4,75 % hors change, avec un bénéfice par action de 58 à 60 cents.
Les tarifs douaniers pèsent sur certains clients
Walmart reste relativement préservé des droits de douane américains, Bank of America estimant qu’ils représentent environ un tiers du coût total des marchandises vendues.
Doug McMillon, le PDG du groupe, a toutefois noté lors d’un échange avec les analystes que les ménages aux revenus modestes ont particulièrement souffert des hausses de prix liées à ces tarifs, notamment sur les achats non essentiels.

