L’action Société Générale réalise un parcours éblouissant en 2025 avec une envolée de 145% depuis janvier, propulsant la banque au sommet du CAC 40. Loin de s’essouffler, ce champion pourrait encore progresser de plus de 30% selon Bank of America, qui mise sur les transformations en cours et l’essor fulgurant de Boursobank.
2025, l’année du décollage pour la banque de La Défense
Ce mercredi 17 décembre, Société Générale poursuivait sa marche en avant avec un gain de 3,4% en séance, consolidant sa position de locomotive du marché parisien. Les derniers résultats publiés ont dépassé toutes les attentes grâce à une banque de détail française dynamique et des activités de marché particulièrement performantes. Le résultat net des neuf premiers mois a explosé de 52,4% en données comparables, tandis que le retour sur capitaux propres tangibles (ROTE) s’établissait à 10,5%, soit un bond de 3,4 points.
Bank of America renouvelle sa confiance avec un objectif à 85 euros
La banque américaine place une nouvelle fois Société Générale dans son club très fermé des « 25 actions européennes à privilégier en 2026 », aux côtés de poids lourds comme EssilorLuxottica, L’Oréal ou UBS. Plus parlant encore : l’objectif de cours passe de 66 à 85 euros, laissant entrevoir un potentiel d’appréciation de 32,1% depuis les 64,36 euros de la clôture du 16 décembre.
Paradoxe saisissant : malgré cette année « stellaire », le titre reste attractif avec une valorisation de 0,8 fois sa valeur comptable – bien en dessous de ses concurrentes européennes – et seulement sept fois le bénéfice anticipé pour 2027. Une situation qui pourrait justifier une revalorisation des multiples, d’après les équipes de Bank of America.
Une stratégie claire pour doper la rentabilité
Les analystes américains tablent sur une croissance annuelle moyenne du bénéfice par action de 20% entre 2025 et 2028. Cette trajectoire s’appuiera notamment sur des programmes de rachats d’actions alimentés par une politique de distribution plus généreuse, le groupe disposant d’un matelas de capital confortable au-delà de son ratio CET 1 réglementaire de 13%.
Au cœur de cette amélioration : une optimisation des coûts drastique. Le coefficient d’exploitation devrait chuter spectaculairement, passant de 70% en 2024 à 56% en 2028. Cette compression résultera d’une discipline budgétaire renforcée, des synergies nées de la fusion des réseaux Société Générale et Crédit du Nord, sans oublier les bénéfices tirés d’Ayvens, la nouvelle pépite dédiée au financement des flottes automobiles issue du rachat de Leaseplan.
Boursobank : le turbo de la transformation digitale
La banque en ligne du groupe, Boursobank, s’impose comme le véritable levier de cette révolution des coûts. Forte de ses 8 millions de clients fin septembre 2025 et rentable depuis bientôt trois ans, cette plateforme numérique incarne un modèle économique redoutable. Bank of America mise sur une migration graduelle des clients les plus profitables depuis les agences traditionnelles vers Boursobank, dont les coûts de service défient toute concurrence. Cette bascule devrait améliorer le rendement du capital tout en comprimant durablement le ratio coûts/revenus.
Un chorus d’analystes conquis
D’autres maisons prestigieuses emboîtent le pas à Bank of America pour 2026. Citi désigne Société Générale comme la valeur la plus prometteuse du secteur bancaire européen, saluant la maîtrise des coûts et la montée en puissance de Boursobank. UBS intègre également le titre dans son top 5 des valeurs bancaires européennes recommandées.
Goldman Sachs a franchi le cap en passant à l’achat, mettant l’accent sur une valorisation toujours séduisante et des perspectives de croissance du BPA stimulantes, portées par une gestion rigoureuse des coûts. Selon ses calculs, malgré son impressionnante progression, Société Générale se traite à 6,1 fois son bénéfice estimé 2026 contre 8,1 fois pour la moyenne bancaire européenne – un écart qui ne demande qu’à se résorber.
Cap sur la maîtrise des effectifs et des charges
Bank of America insiste sur l’impératif d’une transformation maîtrisée, impliquant notamment de limiter le renouvellement des départs naturels et d’orchestrer une baisse méthodique des coûts. La base de coûts devrait ainsi fondre de 18,5 milliards d’euros en 2024 à 16,5 milliards en 2028, alors même que la croissance du produit net bancaire resterait modérée autour de 3% annuel. Résultat : un effet ciseau particulièrement favorable, avec des marges opérationnelles qui pourraient s’améliorer de plus de 4 points chaque année.
Une générosité retrouvée envers les actionnaires
Côté rémunération, Bank of America anticipe un retour total aux actionnaires compris entre 15 et 18 milliards d’euros sur trois ans via dividendes et rachats d’actions, avec des programmes annuels de rachats fixés à 2 milliards d’euros. Le rendement total projeté pour 2026-2027 frôle les 19%, hissant Société Générale au rang des banques européennes les plus généreuses avec leurs investisseurs.
Ces multiples facteurs alimentent l’enthousiasme croissant des investisseurs et analystes autour des perspectives boursières de Société Générale, qui semble loin d’avoir épuisé son potentiel malgré une année 2025 déjà exceptionnelle.

