Concurrence : des délais pour les opérations Thales-Gemalto et Alstom-Siemens

La Commission européenne demande plus de temps pour enquêter sur les rapprochements Thales-Gemalto et Siemens-Alstom. Le 23 juillet 2018, c’est l’OPA de Thales sur Gemalto, qui faisait l’objet d’une enquête approfondie de la part de Bruxelles au titre du règlement européen sur les concentrations, ce qui repoussait les délais. La décision de Bruxelles au titre de la concurrence est maintenant attendue pour le 29 novembre 2018.

La Commission examine de près, les effets de l’opération. Elle souhaite déterminer dans quelle mesure les parties sont de proches concurrents, quelle sera la réaction potentielle des compétiteurs. Elle veut se faire une idée précise de la concurrence, une fois le rapprochement Thales-Gemalto terminé.

Thales-Gemalto : une OPA qui se terminera au plus tard fin mars 2019 

Thales et Gemalto sont en effet, de proches concurrents sur le marché des modules matériels de sécurité aux niveaux européen et mondial. À ce stade, la Commission craint que l’opération envisagée n’élimine la pression concurrentielle qu’exercent Thales et Gemalto l’une sur l’autre et sur les quelques autres acteurs qui resteraient sur le marché, ce qui risquerait de créer un acteur dominant au niveau mondial. La commission craint également qu’en réduisant le nombre d’acteurs sur le marché et en dissuadant l’entité issue de la concentration d’exercer une concurrence effective, l’opération conduise à une hausse des prix et à une baisse de l’innovation.

Suite à ce nouveau délai de Bruxelles, le 9 août dernier, Thales et Gemalto, ont indiqué que l’OPA se terminerait au plus tard, le 31 mars 2019, ce qui laisse du temps aux actionnaires de Gemalto pour répondre à l’offre.

Les services de la Commission veulent rester maîtres du calendrier

Le 23 août 2018, Margrethe Vestager, commissaire chargée de la concurrence a contre toute attente suspendu son enquête sur la fusion entre Alstom et la branche mobilité de Siemens, dans l’attente de documents qu’elle avait demandés.

Bruxelles avait ouvert mi-juillet une enquête approfondie sur cette opération, qui pourrait donner naissance à un nouveau géant européen du rail, présent dans 60 pays avec un chiffre d’affaires annuel de 15,6 milliards d’euros. La date butoir pour la décision de la Commission avait été fixée au 21 novembre 2018, une date qui n’est plus d’actualité.

Les services de la concurrence craignent que cette opération Alstom-Siemens ne conduise à une hausse des prix, à une diminution du choix et à un recul de l’innovation du fait d’un affaiblissement de la pression concurrentielle dans les procédures de passation de marché concernant le matériel roulant et les solutions de signalisation en Europe. « Une telle évolution serait préjudiciable aux opérateurs ferroviaires, aux gestionnaires d’infrastructures et, in fine, aux voyageurs européens qui utilisent quotidiennement le train ou le métro » indique un communiqué. En outre,  la Commission n’est pas du même avis que les groupes concernés, estimant qu’il lui semble « peu probable que de nouveaux concurrents, en particulier d’éventuels fournisseurs chinois, fassent leur entrée dans un avenir prévisible sur les marchés du matériel roulant et des solutions de signalisation dans l’Espace Économique Européen ».

Alstom et Siemens Mobility espèrent boucler leur opération au 1er semestre 2019

« La Commission examine les opérations de concentration dans des délais serrés, qui servent les intérêts des entreprises qui fusionnent », a encore expliqué un porte parole de la Commission en août. « Cette suspension, est une procédure normale dans le cadre d’opérations de cette complexité », a ajouté le groupe français de son côté.

Compte tenu de la date de suspension de la procédure ( le 7 août), il y a 42 jours, Alstom espère toujours conclure la fusion avec Siemens Mobility au premier semestre 2019.

Que ce soit dans le cas d’Alstom-Siemens ou de Thales-Gemalto, les actionnaires doivent probablement s’attendre à des cessions d’actifs, afin de trouver des solutions qui satisfassent Bruxelles.

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