OPA sur Altran : Capgemini freiné par Elliott dans sa course à la taille

L’OPA sur Altran à l’initiative de Capgemini s’est grippée ces dernières semaines. L’offre à 14 € par action, confirmée début août par communiqué, n’avait toujours pas fait l’objet d’un dépôt de projet officiel le 2 septembre 2019. L’opération initiée en juin dernier semble vouloir aller trop vite au goût de certains investisseurs. Mais selon les dirigeants, les deux entreprises qui pèseront ensemble 21 milliards €, se connaissent bien. Paul Hermelin, PDG de Capgemini et Dominique Cerutti, PDG d’Altran depuis mi-2015, se rencontrent régulièrement depuis des années, voire des décennies, a confié Paul Hermelin lors de l’annonce de l’opération en juin 2019. Ce serait donc un mariage de raison dont nous exposons ci-dessous toute la chronologie des annonces qui sera mise à jour régulièrement.

Les épousailles sont tout de même précipitées, comme si les promis voulaient faire oublier que chacun a des problèmes urgents à régler : pour Capgemini la fin espérée d’un trou d’air aux Etats-Unis et la nécessité de grossir pour contrer une OPA qui semblait se rapprocher, pour Altran l’effacement de deux mauvaises séquences qui ont écorné un peu plus l’image du groupe. Une affaire de falsification de bons de commandes chez l’américain Aricent racheté par Altran l’an dernier et la cyberattaque de janvier 2019, avaient semé le doute sur le sérieux des contrôles et la sécurité des données des clients. Sans compter en novembre prochain, pour Altran, le vieux procès qui va ressurgir. L’affaire date de juin 2002 :des infractions de faux et usage de faux, la diffusion d’informations trompeuses et la présentation de comptes inexacts. Elle oppose des actionnaires à la société et ses anciens dirigeants. Les audiences au fond devant la Cour d’appel de Paris sont prévues en novembre 2019.

Le rapprochement entre Altran et Capgemini doit être bouclé avant fin 2019, c’est à dire en 6 mois, ont annoncé les parties en août, c’est deux, voire trois fois plus rapide que les derniers grands mariages de multinationales impliquant des sociétés françaises. Impossible en si peu de temps de mener des dues diligences complètes sur la cible, notamment des due diligences RSE, ce qui n’est pas rassurant pour les actionnaires de Capgemini.

Au delà de la précipitation qui n’arrange pas tout le monde – certains actionnaires ne sont pas pressés d’extérioriser leurs plus values en 2019 -,  la question qui les taraude porte sur les conditions de l’offre.  Le prix de 14 € est-il suffisant ? L’activiste Elliott virtuellement à la tête de près de 5 % du capital souhaiterait visiblement un renchérissement, et peut compter sur le soutien de l’ADAM dans cette bataille. Aura-t-il gain de cause ?

Le marché semble le croire. Les nuages qui se sont accumulés sur Altran ne placent pourtant pas les « vendeurs » en position de force, mais, objectivement, un certain nombre d’indicateurs laissent penser que l’offre du géant français des services informatiques peut encore évoluer et le prix de 14 € être relevé :

  •  Le cours d’Altran cote au dessus du cours de Bourse, de très nombreux arbitragistes et acheteurs, qui figurent parmi les actionnaires significatifs d’Altran, ont pris des paris sur un relèvement du prix et il y a peu de chance qu’ils apportent leurs titres à l’offre à 14 €, sauf peut-être si la Bourse devait s’effondrer.
  • Capgemini a une forte incitation à aller au bout de l’OPA. Il acquis auprès du groupe d’actionnaires mené par Apax partners près de 12 % du capital. S’il reste avec cette participation sur les bras sans réussir à boucler une OPA pour prendre le contrôle et si possible fusionner les deux entités, il aura stérilisé une partie importante de sa trésorerie.
  • Les dirigeants de Capgemini et ceux d’Altran peuvent trouver un intérêt personnel, via leurs critères de rémunération à boucler cette opération. Et il est probable que Paul Hermelin ( Capgemini) n’a pas envie de quitter en mai, la direction générale de Capgemini sur un échec.
  • Capgemini a les moyens de relever son offre : le groupe a indiqué qu’il ne paiera que 1 milliard € en cash sur les 5 milliards € de l’opération et qu’il réunirait au total 5,4 milliards €. En outre, au 30 juin dernier, le bilan de Capgemini faisait apparaître une trésorerie disponible de 1,7 milliards €, ce qui laisserait penser que le groupe dispose d’une marge de manoeuvre pour payer un peu plus de 14 € par action.
  • Du point de vue de la protection des minoritaires, le prix de 14 € est insuffisant. C’est l’argument que développe Colette Neuville, faisant valoir que le vendeur Apax, a négocié « dans une seringue » et que compte tenu de conflits d’intérêts, le conseil n’a pas pu délibérer sereinement sur le prix. Pour preuve, son acceptation du prix de l’offre dans la précipitation, sans attendre l’avis de l’expert indépendant, à qui il est précisément demandé de dire si le prix est fairplay !
  • L’ achat ferme par Capgemini des 11,4 % de la sphère Apax dans Altran, prive les minoritaires d’Altran de toute possibilité de surenchère via une contre-OPA. En effet, quelle société du secteur voudrait se lancer dans une telle opération pour se retrouver au capital aux côtés d’un concurrent comme Capgemini ?
  • Enfin, on peut se demander où est la prime de contrôle ? Peut-on considérer que les 14 € payés fermes pour 11,4 % d’Altran sont suffisants pour s’accaparer le contrôle de la société par Capgemini ?

Nous détaillons ci-dessous les éléments qui ont pu jouer un rôle dans le projet d’OPA et la chronologie de l’opération.

Février 2017 -> mars 2018 :  Déceptions américaines pour Capgemini, mariage californien pour Altran

27 Février 2017 : Les performances décevantes de la filiale américaine de Capgemini continuent d’inquiéter les investisseurs. Elle est censé être l’entité la plus rentable  de Capgemini mais ses ventes ont baissé de 3,1% au quatrième trimestre 2016. En Bourse, l’action Capgemini fait du surplace autour de 80€.

10 avril 2017 : Capgemini veut racheter les activités américaines de Ciber. Celles-ci pourraient lui apporter 275 millions de dollars de ventes supplémentaires dans la région, mais le processus de reprise reste encore incertain.

10 Mai 2017 : La succession de Paul Hermelin, PDG de Capgemini se dessine alors qu’il entamera son dernier mandat d’administrateur en mai 2018. Il se dit prêt à abandonner ses fonctions de directeur général en mai 2020, tout en restant président.

2 juin 2017 : L’action du groupe de conseils technologiques Altran touche un plus haut à 16,74 € en séance.

11 octobre 2017 : Le Conseil d’Administration nomme Thierry Delaporte et Aiman Ezzat directeurs généraux délégués. En tant que mandataires sociaux, ils auront plus particulièrement en charge au sein de la direction générale la transformation du Groupe pour Thierry Delaporte et la gestion de la performance pour Aiman Ezzat.

30 novembre 2017 : De son côté, le français Altran Technologies annonce contre toutes attentes avoir conclu un accord définitif en vue de l’acquisition de la société américaine Aricent pour 1,7 milliard d’euros en numéraire. Aricent clôture ses comptes au 31 mars et les derniers comptes audités par Deloitte datent du 31 mars 2017. Le marché accueille froidement la nouvelle de l’acquisition étant donné sa taille. L’action Altran qui valait 13,73 € la veille, recule de près de 6% à la clôture du marché à 12,92 €.

26 janvier 2018 : Altran réunit ses actionnaires en assemblée générale extraordinaire et obtient l’autorisation d’augmenter son capital en vue de l’acquisition d’Aricent. Il obtient 94 % de voix « pour » pour un quorum de 65,5 %.

5 Février 2018 : Le groupe français de services informatiques Capgemini annonce quant à lui, l’acquisition de la société américaine Liquidhub, société américaine experte dans l’engagement client digital dont la spécialité est la création d’expériences clients innovantes, pour environ 400 millions €. A la mi-journée, le titre Capgemini perd  2% à 103,2 euros, accusant un des reculs les plus marqués du CAC 40. La transaction devrait être finalisée dans les prochains mois.

22 mars 2018 : L’acquisition d’Aricent auprès d’un groupe d’investisseurs conduit par KKR, est menée au pas de charge par Altran. L’acheteur annonce le lancement de l’augmentation de capital de 750 millions € environ pour boucler l’acquisition d’Aricent. L’augmentation de capital est réalisée sur la base de 8 actions nouvelles pour 17 actions existantes, soit une augmentation de 46,2% du capital de la société. Altran est conseillé par Crédit Agricole CIB, Goldman Sachs et Morgan Stanley. Aricent est conseillé par J.P. Morgan. Le cours de l’action Altran baisse de 3,3% à 12,07 €.

Avril 2018 -> Décembre 2018 : Acquisitions multiples aux Etats-Unis pour Capgemini, déception après le rachat d’Aricent chez Altran

23 mai 2018 : Le mandat d’administrateur de Paul Hermelin, le PDG de Capgemini est reconduit lors de l’AGO pour 4 ans. Il obtient 96,82% de votes favorable.

7 juin 2018 : Capgemini boucle le rachat de Leidos Cyber, la branche de cybersécurité pour les entreprises du secteur privé du groupe américain. Cette acquisition doit renforcer les activités de Capgemini en Amérique du Nord et contribuera à répondre à la demande croissante en services et solutions de cybersécurité dans la région. Le montant de la transaction, qui devrait être finalisée d’ici à la fin de l’année, n’est toujours pas dévoilé.

15 juin 2018 : Le cours d’Altran se redresse et touche un plus haut d’un an à 13,52€

28 juin 2018 : Altran dévoile un nouveau plan stratégique, « The High Road », à horizon 2022. Les objectifs, bien qu’ambitieux, ne convainquent pas les investisseurs. Le titre cède plus de 7% sur la semaine.

13 juillet 2018 : Altran Technologies s’effondre en Bourse de -28,2% à 8,6 € après que le groupe ait annoncé qu’il avait a découvert pour 10 millions $ de bons de commandes fictifs chez sa récente acquisition Aricent. Dans un communiqué, le groupe français précise que cet incident est antérieur à sa prise de contrôle du groupe californien. Altran révise ses prévisions de marge pour Aricent et n’exclut pas de porter l’affaire en justice. Ceci suffit au marché pour effacer pratiquement 800 millions € de capitalisation boursière.

7 septembre 2018 : Le titre Altran perd encore plus de 3% poursuivant sa baisse de 8 % au lendemain de la publication des résultats semestriels décevants. Le groupe de conseil en technologie a vu son bénéfice net semestriel chuter de 82,6% à 9,5 millions € au premier semestre 2018, après l’acquisition du groupe américain Aricent.

17 septembre 2018 : Dominique Cerutti, le PDG d’Altran achète sur le marché 27.750 actions Altran au prix unitaire de 7,18 euros. Soit un investissement direct de 199 245 €. Il déclarera également à l’AMF le 27 septembre 2018, avoir acheté 8 443 actions Altran à 11,89 € le 1er décembre 2016 soit une contrevaleur de 100 400 €.

25 octobre 2018 : L’action Capgemini bondit de plus de 4%. Le géant français des services informatiques a vu son son chiffre d’affaires augmenter de 7,7% au troisième trimestre à 3,23 milliards €. Il relève sa prévision de croissance d’un demi-point à 7,5% sur l’exercice 2018.

9 novembre 2018 : Maurice Tchenio, administrateur d’Altran en représentation d’Amboise SAS ( partenaire d’Apax), qui vient de boucler une OPA sur Altamir, achète à titre personnel  411 000 actions Altran à un prix unitaire de 8,46 € pour un total de 3,5 millions €.

31 décembre 2018 : A la fin de l’année, Dominique Cerutti déclare détenir 89 868 actions Altran Technologies. Paul Hermelin détient pour sa part 301248 actions Capgemini.

Janvier 2019 -> Juin 2019 : Cyber attaque destructrice et impact négatif d’Aricent chez Altran, Capgemini lance son OPA à 14 € sur le titre

12 janvier 2019 : Dans une interview à l’hebdo Le Revenu, Paul Hermelin indique que Capgemini est intéressé par de petites acquisitions. Son cash flow lui permet d’y consacrer 500 millions €/an. Des rumeurs font état d’un rapprochement avec Publicis (l’année d’avant c’était avec Orange).

15 janvier 2019 : Standard & Poor’s attribue la notation BB à la dette d’Altran avec perspective stable, tandis que Moody’s lui a attribué la notation Ba2 avec une perspective stable également.

24 janvier 2019 : Altran est paralysé par une cyberattaque affectant ses opérations dans plusieurs pays européens. Celle-ci porterait sur un cryptage de données et serait accompagnée d’une demande de rançon. L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), confirmera qu’il s’agissait d’un virus crypto locker utilisant un code inédit indétectable par les meilleurs pare-feux et mécanismes de défense informatique

25 janvier 2019 : L’ensemble des applications professionnelles d’Altran – la plupart accessibles via l’extranet – ne sont toujours pas opérationnelles. En outre, les logiciels métiers Minos (gestion deshoraires), SmartRH (paie) ainsi que Direct V2, l’intranet global dugroupe Altran, sont affectés. Les appels sur les lignes téléphoniques fixes du groupe n’aboutissent pas et les messageries ont également été impactées par l’offensive, elles ne communiquent plus avec l’extérieur, selon La Lettre A.

14 février 2019 : Capgemini publie un résultat net part du groupe en baisse de 11% à 730 millions d’euros pour l’année 2018, soit 4,37 euros par action, et proposera le versement d’un dividende de 1,70 euro par action, identique à celui de l’année précédente. La marge opérationnelle du groupe de services informatiques atteint 12,1%, en progression de 20 points de base, pour un chiffre d’affaires de 13.197 millions d’euros, en croissance de 5,4% (+8,1% à taux de change constants et +6,2% en organique).

19 février 2019 : Le DG délégué de CapGemini, Aiman Ezzat, vend 18220 actions à 101,50 €

21 février 2019 : CapGemini finalise l’acquisition de Leidos Cyber aux Etats-Unis.

28 février 2019 : Altran publie ses résultats pour 2018. Le bénéfice net s’est élevé à 80,6 millions € (-38,4%) en raison de la fraude découverte chez « Aricent ». La marge opérationnelle a atteint 352 millions d’euros, en hausse de 41%, pour un chiffre d’affaires de près de 3 milliards d’euros, en hausse de 27% (8% en organique). L’endettement financier brut d’Altran s’élève à 1784,5 millions € (contre 724 millions € au 31décembre 2017). L’essentiel est à moins de 5 ans. L’endettement est ramené à trois fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda) contre 4,2 fois à la fin du premier semestre 2018. L’action de gagne 12 %.

6 mars 2019 : Paul Hermelin, PDG de CapGemini cède 30 000 actions à 107,89 € soit une contrevaleur de 3,23 millions €. Le DG délégué Capgemini, Aiman Ezzat, vend également 15.000 actions le 104,65 euros.

24 avril 2019 : Chez Altran, l’impact de la cyberattaque sur le chiffre d’affaires au premier trimestre est estimé entre 12 et 14 millions €. De plus, elle a généré des coûts estimés entre 16 et 18 millions €. L’impact net sur le résultat d’exploitation annuel du groupe devrait être marginal du fait de l’activation de ses polices d’assurance. L’impact global n’est pas communiqué et en particulier, l’impact à long terme sur des contrats portant sur des données classées Défense, qui exigent une protection sans faille (voir page 40 du document de référence 2018).

26 avril 2019 : CapGemini connait une croissance de 9,2% de son chiffre d’affaires du premier trimestre 2019, à 3,44 milliards €, grâce à ses activités dans le numérique et au «cloud». Néanmoins la performance outre-Atlantique déçoit toujours les analystes. Le titre chute de près de 6%.

De son côté, Altran Technologies se redresse, le cours qui avait atteint un plus bas de 6,77 € le 3 janvier 2019, cote à présent 11,87 €.

15 mai 2019 : Dominique Cerutti est reconduit à son poste d’administrateur et donc de PDG par les actionnaires d’Altran réunis en assemblée générale mixte. Il obtient  une majorité de 85,6 % de « pour » (quorum de 63,65 %).

23 mai 2019 : Capgemini tient son assemblée générale qui nomme deux nouvelles administratrices indépendantes. Au total, le conseil est composé de 12 membres de l’establishment élus en AG plus deux nommés par le personnel. Parmi les « figures » du conseil : Daniel Bernard ( ex-DG de Carrefour), Pierre Pringuet ( ex-DG de Pernod Ricard), Laurence Dors ( administratrice Crédit Agricole et ex-Minefi), Xavier Musca ( DGD Crédit Agricole SA), Frédéric Oudéa (DG Société Générale) et Patrick Pouyanné ( PDG de Total).

24 juin 2019 : Un accord définitif est trouvé entre Capgemini et le groupe d’actionnaires d’Altran organisés autour d’Apax Patners (Altrafin Participations, M. Alexis Kniazeff et M. Hubert Martigny). Ils s’engagent à céder 11,43% du capital d’Altran au groupe informatique français. La transaction est prévue pour le 2 juillet. A noter, que AMBOISE Partners SA (anciennement dénommée APAX Partners SA), représentée par Maurice Tchenio fait partie du conseil d’administration d’Altran. Ainsi que Gilles Rigal qui est à la fois Administrateur d’Apax Partners SAS et Administrateur, membre du comité des nominations et des rémunérations et du comité des investissements et acquisitions d’Altran Technologies. Le conseil comptait aussi parmi ces membres Thomas de Villeneuve, directeur associé d’Apax qui a démissionné.

25 juin 2019 : CapGemini annonce qu’il compte déposer un projet d’OPA sur Altran, qui valorise la société 3,6 milliards € (sans la dette). L’offre est qualifiée d’amicale et le prix par action est de 14 €. Cette OPA est censée donner naissance à un acteur d’envergure mondiale de la transformation numérique des entreprises industrielles. Compte tenu de la dette financière nette de 1,4 milliard € d’Altran, le montant de l’opération s’élève à environ 5 milliards €. A l’horizon de trois ans, entre 70 et 100 millions de synergies de coûts par an sont prévues. Par ailleurs, les synergies commerciales sont estimées entre 200 et 350 millions € annuels.

25 juin 2019 : L’action Altran en hausse de  + 22,19% ( à 14,015) et le titre Capgemini à + 8,44% à 112,45€.

26 juin 2019 : Les actionnaires de Capgemini abandonnent pour l’instant les espoirs d’OPA sur leur société qui fait l’objet de la plus forte baisse du CAC40 à la clôture (- 2,76% à 109,35 €) tandis que le cours d’Altran reste au-dessus du cours d’OPA à 14,220 (+1,46%). Blackrock dépasse les 5% du capital de Capgemini.

27 juin 2019 : Relevée mi-mai de « BBB » à « BBB+ », S&P replace la note de Capgemini sous surveillance avec implication négative et la note « BB » d’Altran sous surveillance avec implication positive. L’agence d’évaluation financière estime que cette OPA devait affaiblir les paramètres de crédit de Capgemini mais améliorer ceux d’Altran. Le cours d’Altran repasse en dessous de 14€.

28 juin 2019 : Capgemini déclare à l’AMF détenir 29.378.319 actions Altran (11,43% du capital et 11,39% des droits de vote) après l’acquisition hors-marché du bloc d’actions auprès des actionnaires organisés autour d’Apax Patners.

Juillet 2019 – mi-Septembre 2019 : L’activiste Elliott freine l’OPA sur Altran, Colette Neuville présidente de l’ADAM conteste auprès de l’AMF les conditions de l’offre et met en avant une expertise qui met en avant un prix supérieur.

1er juillet 2019 : La banque Lazard est le conseil de Capgemini pour l’OPA sur Altran, elle-même conseillée par Perella Weinberg Partners. L’opération constitue pour l’heure l’une des cinq opérations françaises de M&A les plus importantes de l’année. (Source Option Finance)

2 juillet 2019 : Réalisation effective de l’acquisition des blocs d’actions d’Apax conséquence de l’accord du 24 juin 2019.

4 juillet 2019 : L’action Capgemini signe la plus forte hausse du CAC40 à la clôture (+1,97% à 113,80 euros). Le cours d’Altran se replie en dessous de la barre des 14€ à 13,965€.

5 juillet 2019 : Credit Suisse vient de mettre à jour son modèle et ses estimations sur Capgemini (hypothèses de changes plus favorables) et porte son objectif de cours à 140 euros, contre une cible de 130 précédemment.

10 juillet 2019 : Selon l’AGEFI, le fonds activiste Eliott Capital Advisors a pris pied, le 8 juillet au capital d’Altran en anticipant une hausse du cours (position longue). Eliott accroit sa position le 10 juillet et détient environ 5 millions d’options d’achats de type «Equity swaps» sur Altran.

12 juillet 2019 : Elliott Capital Advisors, gestionnaire des fonds Elliott (Elliott International, Elliott Associates et The Liverpool Limited Partnership), souligne officiellement dans un avis publié par l’Autorité des marchés financiers (AMF) qu’il envisage de poursuivre ses acquisitions d’instruments financiers relatifs aux actions Altran et/ou d’acquérir des actions Altran en fonction des opportunités et des conditions de marché. Les fonds activistes Eliott n’envisage pas d’apporter les titres qu’il détiendrait à l’offre de rachat par Capgemini. Néanmoins, ils se réservent le droit de changer d’avis jusqu’à la clôture de l’offre.

16 juillet 2019 : Le Comité d’entreprise international de Capgemini émet un avis favorable à l’OPA sur Altran.

23 juillet 2019 : On apprend, qu’en juin les gérants du fonds CM-CIC Entrepreneurs ont apporté leurs titres Altran Technologies à l’offre formulée par Capgemini, estimant la valorisation correcte.

30 juillet 2019 : Eliott a encore acquis des positions lui ouvrant au total potentiellement 3,99 % du capital d’Altran. Cependant, lors de la présentation des résultats semestriels, Paul Hermelin tient tête au fond activiste.A 14 euros par action, soit une prime de 30 % par rapport au cours en vigueur avant l’annonce de l’offre, il juge le prix offert « attractif ». Le cours d’Altran reste nettement au dessus de 14 € à la clôture et cote 14,43 €.

2 août 2019 : Le Comité central d’entreprise de l’UES d’Altran émet un avis positif sur l’OPA.

8 août 2019 : Le Comité d’entreprise européen d’Altran émet un avis positif sur le projet d’OPA de CapGemini.

9 août 2019 : Le conseil d’administration d’Altran approuve l’OPA sans réserves, considérant qu’elle est dans l’intérêt de la société, de ses actionnaires, de ses salariés ainsi que des autres parties prenantes. Il indique aussi avoir l’intention de recommander aux actionnaires d’apporter leurs titres à l’offre après remise du rapport de l’expert indépendant. Le 9 août il mandate le cabinet Finexsi à titre d’expert indépendant. L’expert dispose d’un minimum de 15 jours de négociation  pour rendre son avis.

11 août 2019 : Altran et Capgemini signent un accord de rapprochement,               (Tender Offer Agreement) qui énonce les termes et conditions du projet d’acquisition d’Altran par Capgemini. Néanmoins, le projet d’offre n’a toujours pas été déposé par l’initiateur.

12 août 2019 : Les deux sociétés indiquent, dans un communiqué de Presse, avoir franchi une nouvelle étape. L’opération, dont la finalisation est attendue d’ici la fin de l’année,  reste toutefois soumise à la condition de l’obtention par Capgemini d’un nombre d’actions représentant « au moins 50,1 % du capital social et des droits de vote d’Altran ». Elle doit également obtenir le feu vert des autorités américaines de la concurrence.

13 août 2019 : Des actionnaires minoritaires d’Altran, qui considèrent que le prix d’offre de Capgemini n’est  pas suffisant, mandatent Colette Neuville, présidente de l’Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), pour les assister dans la défense de leurs intérêts. Cette dernière adresse un courrier au gendarme des marchés financiers, l’AMF. Elle y dénonce « un certain nombre d’anomalies par rapport à la procédure habituelle des offres publiques » qui dénote d’une précipitation de la part de Capgemini pour boucler son OPA. En effet, l’ADAM critique le fait que le conseil d’administration d’Altran se soit engagé en faveur de cette opération sans que le rapport de l’expert indépendant ait été remis.

19 août 2019 : Elliott recrute Steven Barg, un banquier star de Goldman Sachs              qui défendait les intérêts des entreprises contre les activistes. Il a, par exemple, travaillé avec Sony lorsque le groupe japonais a été pris pour cible par le hedge fund Third Point. Steven Barg a déjà affronté Elliott dirigé par son fondateur Paul Singer dans plusieurs batailles, notamment celles impliquant eBay et SAP. Il a également défendu Vivendi contre Elliott, dans la lutte pour le contrôle du conseil d’administration de Telecom Italia.

20 août 2019 : Selon Wansquare, le fond Eliott a encore acquis des positions  nouvelles lui ouvrant au total potentiellement 4,71 % du capital d’Altran.

21 août 2019 : Le cours d’Altran est au-dessus de la barre des 14 € depuis 31 jours. Capgemini affiche un cours de 109,4 €.

28 août 2019 : Colette Neuville adresse une nouvelle lettre à l’AMF. Selon l’Agefi, elle s’interroge sur le respect de la procédure d’OPA de Capgemini sur Altran et soulève le problème des conflits d’intérêts qui existe au sein du conseil d’Altran entre les administrateurs emmenés par Apax Partners, vendeurs d’un bloc à Capgemini et les autres administrateurs. La conformité aurait voulu que Capgemini et Altran ne communiquent pas d’une même voix. La présidente de l’Adam explique aussi que le prix de cession du bloc de 14 € d’Apax ne peut servir de référence à l’OPA car treize ans après le closing du fonds, Apax France VII, était en « fin de vie » et cherchait à se débarrasser de ses actions Altran depuis 2016.

5 septembre 2019 : Altran affiche au premier semestre un chiffre d’affaires de 1,594 millions d’euros, en hausse de 16,1% (+7,4% en croissance organique). Le bénéfice net semestriel atteint 33,2 millions €. La marge opérationnelle a progressé de 28,7% à 178 millions d’euros, soit un taux de marge de 11,2%. Le flux de trésorerie reste négatif de 31 millions d’euros, contre un flux négatif de 225 millions d’euros l’an dernier à la même époque. Altran estime que son rachat par Capgemini est « en bonne voie », malgré les manoeuvres en cours autour de son titre à la Bourse de Paris… »Ce sont des interactions assez normales sur une opération de cette ampleur », a indiqué  Dominique Cerutti lors de la présentation des résultats. Il y a bientôt un mois que l’expert indépendant Finexsi est sur le dossier, mais ses travaux n’ont pas encore été divulgués.

6 septembre 2019 : Selon le quotidien Les Echos, le cabinet Sorgem Evaluation mandaté par des minoritaires et l’Adam, a conclu, dans son rapport rendu le 5 septembre que « le prix de l’action Altran s’établit entre 15,3 et 19 euros, avec une valeur centrale de 17 euros. Et ce hors synergie et prime de contrôle » selon la méthode de l’actualisation des cash flows. En Bourse Altran passe la barre des 14,50 €. Le rapport de l’expert indépendant Finexsi, commandé par la société n’est toujours pas sorti.

A compter de mi-septembre 2019 : Le successeur de Paul Hermelin à la DG de Cap Gemini est désigné. Le marché parie toujours sur un relèvement du prix d’OPA sur Altran que Paul Hermelin refuse d’envisager tablant sur un lancement de l’opération fin octobre 2019.

13 septembre 2019 : Paul Hermelin, le patron de Capgemini, invité sur BFM Business a fait part du prochain lancement de l’OPA sur Altran qu’il voit se mettre en place fin octobre 2019, dans les conditions initiales, soit sur la base d’un prix de 14 euros par action Altran et ce, même s’il n’espère plus ramasser beaucoup plus de 50,1% du capital. Il avertit que l’action Altran pourra rester cotée « quelques temps ». Contestée par certains investisseurs, dont l’activiste Elliott qui estime que la juste valeur de l’action Altran serait plus proche de 17 euros, l’OPA n’est pas remise en cause. Paul Hermelin rappelle qu’Altran a connu une mauvaise passe en 2018 et que l’objectif moyen des analystes sur Altran était de 12,5 euros, avant le lancement de l’offre. L’action cote toujours au dessus de 14,30 €.

17 septembre 2019 : Le Conseil d’administration de Capgemini a choisi Aiman Ezzat, 58 ans, Directeur général délégué depuis le 1er janvier 2018, pour succéder à Paul Hermelin en tant qu’unique Directeur général à l’issue de l’Assemblée générale prévue le 20 mai 2020. Sa candidature au poste d’administrateur sera également proposée à l’AG. Paul Hermelin conservera la Présidence du Conseil. Aiman Ezzat a une profonde connaissance de l’ensemble des opérations du Groupe; il a notamment vécu pendant plus de 15 ans au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. De décembre 2012 à 2018, il avait occupé les fonctions de directeur financier de Capgemini.

20 septembre 2019 : Le bras de fer se poursuit entre Cap Gemini et Elliott. L’action Cap Gemini a reculé d’environ 7 % au cours de la dernière quinzaine (à 106,6 €), tandis que le CAC40 gagnait 1,7 % pendant la même période. L’action Altran passe en séance la barre des 14,70 €.

Poster un Commentaire

  S'abonner  
Me notifier des